Un triangle éducatif « Enseignants-Enfants-Parents » efficace

reunionparents2Question orale à Marie-Dominique Simonet, Ministre de l’Enseignement obligatoire, relative à « divers aspects touchant aux relations familles-écoles »


Madame la Ministre,

Parmi les facteurs qui influent sur la réussite d’un élève, les relations entre la famille et l’école occupent naturellement une place de choix. Une relation de confiance entre parents, enfants et équipes pédagogiques constitue un cadre nécessaire pour le déroulement optimal de la vie scolaire.

Les conseils de participation et les associations de parents sont deux outils d’importance, mis au service des familles pour les inclure dans le parcours scolaire de leurs enfants. Ils permettent de rendre compte des préoccupations, des réalités vécues et des objectifs de chacun des acteurs de cette relation éducative sur les plans personnel et collectif.

Le décret « missions » qui organise les conseils de participation leur attribue un certain nombre d’objectifs, allant du débat sur le projet d’établissement à la mise en place de solidarités entre élèves en passant par des réflexions sur les frais de scolarité réclamés en cours d’année. Ils permettent également aux élèves qui y siègent de relayer les demandes, parfois très concrètes, de leurs condisciples auprès de la direction d’établissement et sont déjà une forme d’apprentissage démocratique et de participation citoyenne.

Le décret relatif aux associations de parents adopté à la fin de la législature précédente, et qui est malheureusement passé plutôt inaperçu, constitue un atout supplémentaire en termes d’alliance éducative et de co-responsabilisation.

Au sujet des conseils de participation, un récent article de La Libre Belgique faisait état de la diversité des situations rencontrées sur le terrain. D’une façon générale, la mise en oeuvre des conseils de participation semble être meilleure là où la situation était déjà bonne au départ et où la participation était de mise.

Ce dispositif est-il suffisamment exploité par les pouvoirs organisateurs pour rendre la participation de tous les acteurs véritablement effective ? Comment ces conseils se réunissent-ils et à quelle fréquence ? Quelle est l’implication des pouvoirs organisateurs ? Quelles sont les questions récurrentes et les préoccupations des acteurs ? Quelles réponses concrètes y sont apportées ?

Une évaluation du dispositif vous semble-t-elle envisageable pour dégager des pistes permettant d’optimiser un tel processus participatif, bénéfique à plus d’un titre ? Par ailleurs, la déclaration de politique communautaire contient des objectifs généraux visant à renforcer la participation des parents et des élèves dans leurs écoles. Avez-vous déjà dégagé des pistes en la matière ?

Le décret qui organise les associations de parents prévoit la possibilité, pour les parents de tout établissement d’enseignement maternel, primaire, fondamental ou secondaire, organisé ou subventionné par la Communauté française, de créer une association de parents dans l’école de leur enfant.

À défaut d’initiative des parents, c’est au chef d’établissement qu’incombe l’organisation d’une assemblée générale des parents en vue de la création d’une AP. Bien entendu, la participation ne se décrète pas, mais le cadre légal ainsi tracé pourra stimuler, notamment avec le concours de la Fapeo et de l’Ufapec, la participation de nombreux parents soucieux de s’impliquer dans la vie scolaire de leur enfant.

À ce propos, l’accord de gouvernement prévoyait de traduire, sur le terrain, l’opportunité offerte par le décret de créer d’initiative une AP dans chaque école. Il prévoyait également d’encourager la participation des parents et d’accompagner ceux-ci dans leur démarche, notamment par l’organisation de formations dans les écoles qui souhaitent s’inscrire dans cette dynamique.

Comment les parents ont-ils été informés des opportunités nouvelles qui s’offrent à eux ?

De manière transversale, je souhaiterais attirer l’attention de la ministre sur la situation particulière des familles issues de milieux défavorisés. D’une récente étude menée par le mouvement socio-pédagogique Changement pour l’Égalité, À l’école des familles populaires, il ressort que les familles de milieux populaires attendent beaucoup des écoles et sont très loin d’adopter une attitude de démission. Toutefois, d’autres éléments peuvent expliquer leur absence d’implication visible : peur d’être jugées ou stigmatisées, manque de compréhension du fonctionnement ou des codes propres à l’institution scolaire.

Des parents d’origine maghrébine me disaient que, pour eux, participer revenait à remettre en cause l’instituteur. Leur approche culturelle est donc très différente. Parfois, les familles s’impliquent moins, mais pour des raisons qui nous échappent et qui freinent la communication avec les acteurs de l’école. Cette étude, menée en collaboration avec une vingtaine d’associations, rend compte de la situation très particulière de ces familles et de leur rapport à l’école. Elle formule une série de recommandations, notamment pour l’accueil, l’information et la formation initiale des enseignants.

Comment comptez-vous y répondre et permettre ainsi à tous les parents de profiter également de ces outils participatifs ?

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