L’égalité passe par la mixité

by on 30/01/2012

Dans un article publié dans La libre ce lundi 30 janvier 2012*, une double page est consacrée à la mixité à l’école. Sous couvert de nous présenter les inconvénients et les avantages des écoles réunissant filles et garçons au sein de la même classe, cet article relaie les pires clichés sexués : Ainsi les garçons se sentant diminués dans leur masculinité face à l’excellence scolaire des filles joueraient « les durs pour affirmer leur virilité [sic] certains iraient même jusqu’à rejeter purement et simplement l’école, pensant peut-être qu’il s’agit là d’un acte digne d’un mâle, d’un vrai ».

Face à ce « constat » la solution proposée notamment par le Professeur van Meerbeeck est le retour à la ségrégation sexuelle dénonçant une « guerre des sexes inutile et organisée ».

Ainsi il propose qu’entre 12 et 15 ans les familles et les élèves aient le choix entre une école mixte et non mixte évitant ainsi aux garçons « d’être victimes de la moquerie des filles ».

Sans remettre en cause les compétences du Professeur van Meerbeeck je ne peux que m’étonner de ce discours stéréotypé et réducteur, puisqu’il ne relève ici que les interactions ultra sexuées entre ces enfants.

C’est en rencontrant ses pairs et en se confrontant à l’autre dans toutes ses dimensions, y compris de genre, que l’on se construit et que l’on grandit. Pour moi, les enfants ne peuvent vivre dans un microcosme et l’école se doit donc de refléter la société dans toute sa diversité.

Penser que garçons et filles ne peuvent s’épanouir que séparément est au mieux un anachronisme, au pire un obstacle à l’égalité entre les hommes et les femmes.

Dans ce contexte il est important de lutter contre tous les clichés de genre notamment dans les manuels scolaires. Il faut lutter résolument contre les cloisonnements et les déterminismes d’un autre temps. Ainsi le rôle de l’Education à la Vie Relationnelle Affective et Sexuelle (EVRAS) n’apparait donc que plus indispensable. Si effectivement certains problèmes existent, la solution ne passe pas par une ségrégation mais par le développement de l’EVRAS et l’intégration de celle-ci au programme scolaire.

*La Libre, 30 janvier 2012, p 46-47 (ici et)