Le défi de la mixité sociale dans le logement

INTERPELLATION à MME CÉLINE FREMAULT, MINISTRE DU GOUVERNEMENT DE LA RÉGION DE BRUXELLES-CAPITALE, CHARGÉE DU LOGEMENT, DE LA QUALITÉ DE VIE, DE L’ENVIRONNEMENT ET DE L’ÉNERGIE.

Concernant : « le défi de la mixité sociale dans le logement ».

Depuis plus de dix ans, notre Région a pris conscience de l’importance d’agir en faveur d’une mixité sociale transversale. Bruxelles, capitale nationale et européenne, est au carrefour d’une multitude de changements sociologiques, économiques et environnementaux.

La mixité sociale reste un défi que la Région doit relever. Pour cela, des outils ont déjà été mis en place et ont fait leurs preuves. Je pense notamment à la politique des contrats de quartier qui a permis la réhabilitation du cadre de vie, de la fonction résidentielle et de l’espace public, ce qui a permis d’attirer de nouveaux ménages dans les quartiers ciblés sans forcément tomber dans la gentrification.

Citydev.brussels joue également un rôle important dans la mixité sociale des quartiers puisque, dès le départ, la volonté du gouvernement était d’installer de nouveaux ménages dans les quartiers populaires. L’objectif était de permettre l’acquisition des logements produits, sous certaines conditions de revenus, à des prix inférieurs à ceux du marché.

Concernant le logement social, comme le précise l’étude menée par le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR), ce n’est qu’au milieu des années 90 que le discours sur la mixité sociale est devenu vraiment explicite à Bruxelles, au moment où, outre la Région elle même, les sociétés de logement social ont dû faire face à des problèmes financiers.

Un renforcement des mécanismes de contrôle de l’attribution des logements sociaux, en 1993, a entraîné un afflux de ménages à faibles revenus, ce qui a pesé sur les revenus locatifs des sociétés de logement social. La Région de Bruxelles-Capitale a alors pris des mesures en matière de mixité sociale dans trois domaines connexes : la politique du logement social, la rénovation urbaine et le désenclavement de quartiers défavorisés.

Concrètement, ces mesures peuvent être subdivisées en deux catégories en fonction de la dynamique qu’elles cherchent à impulser : d’une part, attirer ou maintenir les classes moyennes dans les quartiers populaires, d’autre part, disperser les logements sociaux sur l’ensemble de la Région.

Réussir le défi de la mixité sociale au sein du logement et du logement social en particulier, c’est également réussir à relever les challenges liés à la lutte contre les discriminations, à favoriser la cohésion sociale, etc.

Dans l’interview que vous aviez donnée au Soir le 2 décembre 2014, on peut lire que « c’est bien votre volonté d’augmenter la mixité dans les ensembles sociaux. Le logement social doit aider à sortir de la précarité et doit s’accompagner d’un travail d’insertion sociale ». Je ne peux que vous rejoindre sur ce point. Mais, malheureusement, force est de constater que le logement social ne joue plus son rôle d’ascenseur social.

Madame la ministre,

– Avez-vous déjà des pistes pour améliorer la mixité sociale dans le parc social ?

– Qu’entendez-vous précisément par « un travail d’insertion sociale » ? Souhaitez-vous travailler avec l’associatif déjà actif au sein des sociétés immobilières de service public (SISP) ? Et si oui,pour quelles missions précises ?

– Le rôle d’ascenseur social n’est plus rempli par le logement social. Or notre population se précarise de plus en plus.  – Qu’est-ce qui est mis en place pour redonner au logement social toute sa dynamique ?

Lire la réponse de la Ministre :

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