L’EXCISION

Intervention en séance plénière COCOF suite à l’interpellation de madame Viviane Teitelbaum concernant l’excision, à l’attention de madame Cécile Jodogne, Ministre en charge de la santé.

Depuis plusieurs années, des campagnes de sensibilisation se succèdent en vue de lutter contre les mutilations génitales. Le phénomène ne semble pas régresser pour autant. Les chiffres cités par mes collègues continuent à nous interpeller, surtout quand on sait que les mutilations sont interdites en Belgique et peuvent faire l’objet de poursuites pénales, en vertu de l’article 409 du Code pénal.

Même si, à ce jour, nous n’avons pas de preuves que des excisions aient été pratiquées sur le sol belge, des petites filles nées en Belgique ont vraisemblablement été excisées au cours de vacances ou de voyages dans leur pays d’origine. D’autres courent toujours le risque de l’être.

La prévention et la protection des filles et des femmes victimes ou encourant des risques de mutilations génitales doivent donc continuer à être l’objet de toute notre attention et être renforcées.

Les professionnels de première ligne, que sont par exemple les hôpitaux, l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE) ou le service de promotion de la santé à l’école (PSE), sont par définition au plus près du suivi des familles et de leurs proches. D’où l’importance toute particulière de la formation de ces professionnels.

À ce titre, un nouvel outil de prévention a été élaboré par le Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles (GAMS) et Intact. Il s’agit d’un guide de bonnes pratiques visant à assurer une protection efficace, en Belgique, des femmes et fillettes ayant subi l’excision ou risquant d’y être soumises. Ce guide propose des pistes d’action et des exemples de bonnes pratiques aux intervenants exposés à la problématique des mutilations génitales féminines (MGF), en tenant compte de la spécificité de chaque secteur.

Même si les balises de la formation proposée aux médecins sont solides de manière générale, l’importance de prendre le temps d’examiner et d’écouter l’histoire des patientes, de rédiger un rapport circonstancié et détaillé est plus que nécessaire. De même, il est important, sur le plan médical, de suivre dans le temps les fillettes qui encourent des risques.

Le contact avec les pères et les maris est aussi un point essentiel pour lutter contre les mutilations génitales. L’entretien médical peut parfois être le moment opportun pour leur faire prendre conscience du danger et des effets délétères de cette pratique sur la santé de leur fille. Les mères ont aussi un rôle crucial et ménager des espaces de parole entres les victimes de MGF est fondamental. En ce sens, le rôle de sensibilisation des membres de la diaspora et les échanges avec les pays d’origine tels qu’organisés en ce moment par le GAMS sont évidemment indispensables.

– Dans le cadre de vos compétences en matière de santé au niveau de la Commission communautaire française, quel est l’état de votre réflexion et de votre action à ce sujet ? – Comment ces compétences s’articulent-elles avec celles de vos collègues des autres niveaux de pouvoir ? – Comment soutenez-vous le secteur associatif ? – Nous avons cité le GAMS et Intact, qui œuvrent depuis longtemps en matière de prévention et de sensibilisation. – Comment s’assurer d’un soutien pérenne à leurs actions ?

Travaillez-vous aussi de manière concertée avec votre collègue au niveau régional ? Nous avons lu – et nous en avons déjà discuté – que Mme Debaets, la ministre de l’Égalité des chances à la Région, avait annoncé l’été dernier le démarrage de formations à destination des médecins généralistes, en collaboration avec le GAMS.

Enfin, nous avons pu très récemment lire dans la presse, avec un certain effroi, qu’une nouvelle pratique, provenant des États-Unis et dénommée excision minimaliste médicalisée, serait déjà exercée dans certains pays européens. Le risque existe qu’une telle pratique s’étende à la Belgique par le fait de médecins préférant pratiquer une excision a minima pour des raisons présumées de santé publique.

Mon groupe rappelle la nécessité d’abolir totalement les mutilations sexuelles, et non pas en partie. Elles constituent évidemment une atteinte aux droits humains, et surtout à la santé mentale et physique des femmes. Une excision, même a minima, n’est évidemment pas acceptable. Il faut abolir cette pratique et non pas l’entretenir.

– Quelle est votre réaction à ce sujet ? – En avez-vous entendu parler ? – Disposez-vous d’autres informations ? – Quelle est votre position à cet égard ?

Lire la réponse de la Ministre :

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