Problématique du CE1D pour l’enseignement secondaire en immersion linguistique

Question orale à Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance.

Concerne : «Problématique du CE1D pour l’enseignement secondaire en immersion linguistique».

L’objectif global des évaluations externes est bien entendu de cerner la maîtrise de différentes compétences devant être acquises par les élèves au fur et à mesure de leur progression dans l’enseignement. Différents référentiels de compétences ont été créés en Fédération Wallonie-Bruxelles afin de fixer les objectifs à atteindre par les élèves, tant du primaireque du secondaire. Les évaluations externes servent à mesurer, de la même manière pour tous les élèves et sans faire intervenir la subjectivité du professeur – par exemple dans la formulation des questions –, à quel point les compétences visées sont maîtrisées ou en voie de l’être.

Si l’on se réfère à l’objectif global visé par les évaluations externes, on se rend très vite compte que tous les élèves ne seront pas égaux face à cette épreuve et ne partiront pas avec les mêmes chances en juin: les élèves en immersion linguistique devront passer leur examen de sciences en français alors qu’ils auront suivi ce cours durant deux années en néerlandais ou en anglais, selon la région. Faire passer cet examen en français, c’est en partie aller à l’encontre des principes de l’immersion.

Pour rappel, l’immersion linguistique est une approche alternative à l’apprentissage traditionnel des langues étrangères. Elle consiste en une procédure pédagogique visant à favoriser  l’apprentissage d’une langue en assurant une partie des cours de la grille horaire dans cette langue. Autrement dit, on apprend la langue en apprenant dans cette langue. C’est bien ce que précise la circulaire 4112 relatif à l’organisation d’un apprentissage en immersion. Cet apprentissage poursuit donc la maîtrise de compétences liées à la communication orale et écrite dans la langue de l’immersion, mais également la maîtrise des compétences et savoirs relatifs aux différentes disciplines enseignées dans cette langue.

Madame la Ministre, – où en est la réflexion à ce sujet? – Votre administration a-t-elle, comme annoncé, évalué l’impact budgétaire que susciterait la traduction de certaines évaluations dans différentes langues? – Cette évaluation a pour but de jauger les connaissances et compétences des enfants sur des critères identiques. Or, dans ce cas précis, le CE1D ne donne pas les mêmes chances à tous les enfants. Cela est-il normal? En effet, ici, il ne s’agit pas de connaissances ou de compétences non atteintes, mais bien de la maîtrise d’un vocabulaire souvent spécifique employé dans la matière visée, les sciences. – Dès lors, dans l’attende de se voir proposer certaines évaluations externes dans la langue d’immersion, serait-il possible que les enfants en immersion linguistique puissent bénéficier d’un dictionnaire lors de cette épreuve?

Nous avons eu vent que de nouvelles matières seraient prochainement visées lors de la passation du CE1D, telles que l’histoire et géographie. Là aussi, certains enfants en immersion linguistique risquent de se trouver face à la même problématique. De plus, selon les différents réseaux, ce cours n’est pas organisé de la même manière. Dans le réseau libre, par exemple, est dispensé un cours d’étude du milieu qui se rapproche d’un cours de géographie. – Par contre aucun cours d’histoire n’est visé. Pouvez-vous m’éclairer sur le sujet?

Lire la réponse de la Ministre :

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