Nouveau bilan Innocenti de l’Unicef sur les inégalités entre enfants.

Question orale à Mme Marie-Martine Schyns, ministre de l’Éducation.

Concerne :  Nouveau bilan Innocenti de l’Unicef sur les inégalités entre enfants.

L’Unicef a publié récemment son nouveau bilan relatif aux iné- galités entre les enfants dans les pays de l’Union européenne (UE) et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L’étude mesure les inégalités en termes de revenus, de réussite scolaire, de santé et de satisfaction générale des enfants, à partir de données recueillies entre 2002 et 2014.

Sur 35 pays de l’UE et de l’OCDE classés selon leurs performances en matière d’égalité de bien-être entre enfants, la Belgique figure seulement à la 29e position dans le classement général, son principal point noir étant l’enseignement. Toujours d’après ce rapport, notre pays est celui qui présente, sur la base de l’étude PISA, le deuxième plus gros écart de réussite scolaire. Les données étudiées révèlent également que, dans les pays riches, les enfants qui accusent le plus de retard sont en partie laissés pour compte, en raison d’inégalités sociales et économiques générales au sein de la société dans laquelle ils vivent.

Autre contre performance pointée du doigt: le fossé qui sépare les enfants les moins satisfaits de leur vie du degré de satisfaction moyen. À cet égard, la Belgique est classée 30e sur 35. En moyenne, les enfants âgés de 11, 13 et 15 ans font état d’un taux de satisfaction de 8 sur 10, mais 10 % évaluent leur satisfaction à moins de 4 sur 10.

Malheureusement, il n’y a aucune surprise dans ces constats que nous connaissons depuis de nombreuses années. Malgré quelques frémissements positifs dans notre système scolaire, l’ensemble demeure très en deçà d’une vision où tous les élèves devraient être amenés au meilleur de leurs capacités. Au lieu de cela, l’école continue à hiérarchiser, à créer de l’échec scolaire et à déclasser.

Madame la Ministre, je vous sais sensible à cette thématique. Vous menez désormais l’énorme chantier du Pacte pour un enseignement d’excellence qui a précisément pour vocation de rendre notre système scolaire plus juste et plus efficace. Nous en attendons évidemment les premières pistes concrètes.

  • Quelle analyse faites-vous aujourd’hui de ce rapport de l’Unicef qui pointe surtout les mauvais résultats relatifs à l’éducation et au niveau de satisfaction des enfants en Belgique?

Bien sûr, mon groupe et moi-même soutenons depuis toujours le principe selon lequel l’école doit être un vecteur d’émancipation individuelle. Elle doit combattre les inégalités et non les reproduire. Elle doit être ouverte à tous et toutes, quelles que soient les origines sociales, économiques et culturelles. Elle doit amener tous les élèves vers la réussite.

Malgré les ambitions claires du décret «Missions» en termes d’émancipation sociale et d’égalité des chances, malgré les dispositifs mis en place, comme la discrimination positive ou l’encadrement différencié, on voit que l’école continue à reproduire voire amplifie les inégalités socioéconomiques et les transforme en inégalités scolaires qui à leur tour serviront de fondement à des inégalités socioéconomiques.

  • Il ressort du rapport de l’Unicef qu’une place centrale doit être accordée aux enfants vulnérables dans notre système scolaire. Soutenez-vous de nouvelles initiatives qui viseraient à canaliser les efforts sur l’amélioration des résultats scolaires des élèves défavorisés ou à soutenir les écoles situées dans les quartiers défavorisés? – Les données présentées dans le rapport suggèrent clairement que l’amélioration du bien-être global de tous les enfants passe par la prise en considération des enfants les plus défavorisés.
  • Madame la Ministre, faites-vous un lien avec la question épineuse des rythmes scolaires qui a été abondamment débattue ces derniers jours dans la presse? Cette voie pourrait favoriser l’égalité des chances, dans la mesure où le travail actuellement effectué à domicile pourrait désormais trouver sa place dans le temps scolaire.

Enfin, de nombreuses études ont démontré qu’il faut agir sur le long terme avec des politiques d’investissement préventives. Plus on intervient tôt, plus les résultats seront présents. On dit qu’il n’est pas de meilleur investissement aujourd’hui que dans les crèches et l’enseignement maternel.

  • Des projets, y compris en collaboration avec la nouvelle ministre de l’Enfance, Alda Greoli, sont-ils envisageables, afin de renforcer l’investissement dans le maternel, avec les dynamiques propres aux enfants de cet âge? C’est prioritaire, d’autant plus que la Fédération Wallonie-Bruxelles investit moins dans cet enseignement que la moyenne des pays de l’OCDE, et beaucoup moins que les pays voisins.

Lire la réponse de la Ministre :

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