Les nouvelles pistes explorées pour répondre à la demande de logement

Interpellation à Mme Céline Frémault, ministre du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargée du Logement, de la Qualité de vie, de l’Environnement et de l’Énergie.

Concerne : « les nouvelles pistes explorées pour répondre à la demande de logement ».

Je souhaiterais obtenir de plus amples informations suite à la publication d’une interview de vous, ce samedi 3 septembre, dans La Libre Belgique, relative aux plans du logement. Le titre de l’article évoquait leur inefficacité.

Pour rappel, en 2005, le Plan régional du logement a été mis sur pied afin de répondre à la crise du logement en Région bruxelloise. Cette crise était due principalement à la faiblesse des revenus d’une grande partie de ses habitants, à l’augmentation importante des coûts liés au logement et au nombre croissant de demandes de logements sociaux.

Les projets de ce plan étaient échafaudés avec différents partenaires publics, tels que la Société du logement de la Région de Bruxelles-Capitale (SLRB), les sociétés immobilières de service public (SISP) et les CPAS, chacun ayant une mission bien précise. Le premier Plan du logement prévoyait un tiers de logements moyens et deux tiers de logements sociaux.

Dans cette interview, vous avez déclaré que la politique de logements basée sur les plans publics n’était plus efficace. Les petits et les grands plans ne suffisent plus à répondre à la crise du logement. Pire, c’est même contre productif d’annoncer des chiffres et de penser qu’on va tout pouvoir faire d’un claquement de doigts, avez-vous affirmé.

Si je comprends votre insatisfaction quant aux faibles résultats produits par le Plan régional du logement et l’alliance habitat, je préfère néanmoins m’attarder sur les freins à leur réalisation. Qu’est-ce qui ne va pas avec ces plans ? Quels sont les blocages ? En réalité, on en connaît déjà une bonne partie : lenteur administrative, subsides insuffisants alloués aux communes, cadres irréalistes définis pour ces subsides, blocages juridiques et surtout, refus de nombreuses communes de voir arriver sur leur territoire une certaine catégorie de population.

Faut-il pour autant renoncer à ces plans, qui prévoient la construction de nombreux logements dont notre Région ne peut faire l’économie ? On sait que les listes d’attente sont longues : 40.000 personnes y figurent. Ne serait-il pas plus opportun de débloquer les mécanismes qui empêchent la construction ?

Vous avez évoqué comme piste de solution la reconversion de bureaux en logements et annoncé l’objectif ambitieux de 5.700 logements potentiels. À quelle échéance envisagez-vous de rendre ces logements disponibles ?

Vous évoquez également l’acquisition de 300 logements par le Fonds du logement. Si, en matière de mixité urbaine, ce type d’opération peut être un outil particulièrement efficace, quels sont les types de logements identifiés ? Ne craignez-vous pas d’exercer une pression à la hausse sur le marché acquisitif privé et, de facto, d’aggraver quelque peu la pression sur les loyers ?

Enfin, vous évoquez également le problème des mutations. Vous souhaitez imposer un quota et forcer les choses. C’est positif, mais comment comptez-vous mettre cela en place ? Quel système prévoyez-vous ou imaginez-vous pour inciter les ménages à déménager ?

Toutes ces pistes sont intéressantes à étudier si elles poursuivent un seul et même objectif : la mise à disposition, à brève échéance, de plus de logements publics. Mon groupe soutiendra toute initiative dans ce cadre, mais permettez-moi de préciser ceci : dans cette interview, vous visez également l’objectif qu’avait Françoise Dupuis lorsqu’elle était secrétaire d’État en charge du Logement. Elle avait annoncé la réalisation de 5.000 logements, qui manquent toujours à l’appel aujourd’hui.

Lire la réponse de la Ministre :

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