CE1D 2016

Réponse à la question écrite °252 à Madame Marie-Martine SCHYNS, Ministre de l’Education.

Concerne : CE1D 2016.

L’obtention du CE1D est obligatoire depuis 2013 et représente donc un enjeu important de démocratisation du système scolaire. Ces épreuves externes ont été élaborées afin d’apporter une plus grande équité au système éducatif en le pilotant mieux et de façon plus égalitaire et efficace.

Cette année, le CE1D a porté sur quatre disciplines : le français, les mathématiques, les langues modernes et les sciences. Au lendemain, de la passation de l’épreuve de français, des enseignants ont exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux après avoir fait passer à leurs élèves de deuxième secondaire ledit examen, qu’ils ont jugé d’une facilité déconcertante.

A la lecture du questionnaire visant l’épreuve de français, ce dernier comprenait donc bien un choix gradué de questions qui allaient du (très) facile au (très) difficile. C’est là un principe élémentaire de toute épreuve d’évaluation. Si toutes les questions sont du même niveau de difficulté, on n’obtient qu’une image exagérément contrastée des performances.

Par contre la critique appropriée à formuler à l’encontre de cette épreuve de français et qui transparaît entre les lignes des déclarations de certains enseignants, c’est que les savoirs n’y sont plus évalués, uniquement de la compétence opérationnelle — surtout la compréhension à la lecture et la communication ou l’aisance face aux tests. Les acquis des leçons de grammaire, de vocabulaire, d’analyse, de style… ne sont pas évalués comme tels. Dès lors Madame la Ministre, une réflexion sur l’équilibre entre les compétences et les savoirs est-elle toujours d’actualité ?

Madame la Ministre, si on se penche maintenant sur les résultats provisoires édités par la presse, le taux de réussite en mathématique est seulement de 53,5% (avec un score moyen de 50,6 %) contre 56,4 % des élèves en 2015 et 58,6 % en juin 2014. Il s’agirait là, du score le plus faible obtenu pour cette matière, depuis cinq ans. Si l’on compare cela avec les résultats obtenus en français dont le taux de réussite atteindrait cette année 86,5% (73,9 % en 2015, 80,3 % en 2014) il y a lieu de se poser des questions et d’en déduire que les mathématiques demeurent la matière qui pose le plus de souci à nos élèves.

Madame la Ministre, je souhaiterais vous soumettre les questions suivantes :

– Disposez-vous des résultats officiels obtenus lors de la passation du CE1D 2016, toutes matières confondues pour l’ensemble de la Région bruxelloise, ainsi que pour la Fédération Wallonie-Bruxelles ? – Est-il possible d’avoir accès à ces informations ?

– Comment analysez-vous ces résultats ? Selon les établissements, de gros écarts de résultats ont-ils été identifiés ? Si tel est le cas, qu’est-il prévu pour aider ces écoles à atteindre les objectifs visés par le CE1D ?

– Pour en revenir à la polémique visant l’épreuve de français, quelques mois après, quelle en fut l’analyse ? L’épreuve, dont nous avons pu voir et comprendre la complexité et le soin de la réalisation, a-t-elle rempli les objectifs d’une évaluation externe ?

– Les indicateurs, nous démontrent clairement chaque année, une déficience particulière pour les mathématiques – Quel est l’état de la question ? Des pistes sont-elles étudiées afin de pallier à cette faiblesse, notamment en adaptant les cours à des préoccupations plus contemporaines, comme, par exemple, la programmation ou d’autres domaines encore ?

Lire la réponse de la Ministre :

Les épreuves externes certificatives permettent d’évaluer les élèves sur une même base. Derrière les moyennes globales obtenues par les élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans les différentes disciplines se cache une disparité de résultats qui peut entrainer le rejet de l’épreuve par certains membres des équipes éducatives. En effet, pour certains établissements scolaires, le niveau de difficulté de l’épreuve est plus bas que celui adopté tout au long de l’année. Dans ces écoles, l’élève qui réussit avec une moyenne de 50 % dans une des disciplines risque de rencontrer des difficultés à poursuivre son cursus si aucune remédiation n’est mise en place.

Cependant, on observe également, notamment en mathématiques, 152 établissements sur 421 (seuls les établissements comptant un nombre minimum de 10 élèves sont comptabilisés) dans lesquels moins de 30 % des élèves réussissent l’épreuve. Ces chiffres sont encore provisoires, ils seront confirmés et détaillés dans une note présentée à la Commission de Pilotage dans le courant du mois d’octobre.

Chaque année, les résultats obtenus aux épreuves sont traités et analysés par les groupes de travail. L’analyse des résultats obtenus pour chaque question leur permet d’améliorer d’année en année la fiabilité et la qualité des épreuves. Chaque épreuve est également testée sur un échantillon d’élèves afin de calibrer son niveau de difficulté et de garantir sa qualité.

Malgré toute l’attention portée à ce travail, il peut arriver que les résultats obtenus à l’épreuve ne correspondent pas exactement à ceux qui étaient attendus. Comme on a pu le constater pour l’épreuve CE1D français de 2016 dont les résultats détaillés ont été analysés par les concepteurs. On observe deux éléments indépendants liés à la conception de l’épreuve qui ont entrainé une hausse du taux de réussite par rapport à l’année précédente. D’une part, le groupe de travail a choisi de ne pas interroger les élèves sur les outils au service de la langue en dehors de la production écrite de l’élève, tel que c’est prévu par les Socles de compétence, et ce sans changer la pondération totale de l’épreuve. Ces points ont donc été répartis sur la partie consacrée à la lecture du récit de fiction. D’autre part, le texte choisi a été caractérisé comme peu « résistant » ; enfin quelques items se sont avérés particulièrement faciles (3 items ont plus de 95 % de réussite).

Afin d’apporter un appui scientifique aux groupes de travail pour assurer la qualité psychométrique et édumétrique des épreuves externes communes CE1D ainsi que pour les aider dans la production des Pistes didactiques, une équipe universitaire sera désignée prochainement.

Les chiffres repris dans le tableau ci-desous ne sont pas définitifs. Ils peuvent encore évoluer à la suite de la réception des derniers résultats. Ceux-ci ont été collectés dès la réouverture des écoles et font encore actuellement l’objet d’analyses. Ils seront rendus publics dès que possible. Toutefois, des constats fiables peuvent déjà établis sur la base des résultats partiels.

 

Tableau comparatif dans les 4 disciplines de 2013 à 2016

  Math. Français Sciences Langues M.
Score moyen Taux de réussite Score moyen Taux de réussite Score moyen Taux de réussite Score moyen Taux de réussite
2016 50,6 % 53,5 % 67,0 % 86,5 % 59,3 % 74,7 % 55,1 % 62,0 %
2015 52,5 % 56,4 % 59,9 % 73,9 %
2014 54,3 % 58,6 % 63,3 % 80,3 % 56,2 % 64,3 %
2013 55,8 % 62,7 % 64,7 % 81,3 %

Chiffres provisoires au 31.08.2016

Il apparait que les résultats obtenus en mathématiques restent faibles. Une explication possible de la baisse des résultats en mathématiques réside probablement dans la modification du Décret du 30 juin 2006[1] (décret 1er degré).

Depuis le lancement de l’épreuve CE1D, la moyenne obtenue en mathématiques est proche des 50 %. Cette année encore certaines écoles sont en grande difficulté face à l’épreuve de mathématiques et pour d’autres le taux de réussite est proche des 100 %.

Les groupes de travail qui conçoivent les épreuves ont également été chargés de produire un document proposant des Pistes didactiques en lien avec l’épreuve concernée. Ce projet n’a pas encore abouti d’une part, à cause de la difficulté de concevoir un tel document de qualité, d’autre part à cause de la charge de travail importante que cela représente en plus de la conception de 2 épreuves en un an. En 2015-2016, une épreuve « bis » a été conçue, afin de pallier une éventuelle « fuite », vous le savez.

Pour ma part, j’ai rencontré des directions d’école ainsi que les inspecteurs généraux et des représentants du Service général du Pilotage dès le début du mois de juillet pour un débriefing complet de la session 2016. Mon cabinet a par ailleurs rencontré à la fin du mois d’août les représentants des PO, des syndicats et des associations de directions. Ils ont abordé ce point, mais à distance, la problématique de ce que vous appelez la qualité des épreuves leur semblait secondaire par rapport à l’organisation elle-même.

Je rencontrerai prochainement les équipes de rédaction des épreuves. Je souhaite professionnaliser davantage ces équipes, notamment en libérant les enseignants d’une partie de leurs charges de cours, comme le décret que vous avez voté en mars dernier le prévoyait. Ils seront ainsi à disposition de la direction des évaluations externes, non seulement pour rédiger les deux épreuves prévues « standard » et « de secours » (bis), mais aussi continuer à analyser les résultats et les réponses des épreuves précédentes, rédiger des pistes didactiques. Ils pourront également être formés à la sécurité informatique et à la docimologie des épreuves externes standardisées.

Comme vous le voyez, j’ai tout à fait pris la mesure des problèmes qui se sont présentés en juin. Au-delà de la « facilité » de quelques items ou des grilles de correction, sujets que nous avions déjà abordés en séance plénière le 29 juin, c’est la professionnalisation et l’accompagnement de ces équipes qui sera notre cheval de bataille cette année.

 

 

 

 

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