Pratiques douteuses suite à des frais impayés

Question orale à Mme Marie-Martine Schyns, Ministre de l’Éducation.

 

Concerne : Pratiques douteuses suite à des frais impayés.

Nous avons été avertis par Infor Jeunes de pratiques douteuses appliquées par une école fondamentale bruxelloise suite à des frais scolaires impayés.

En effet, dans un courrier remis aux enfants, la direction somme les parents de régler les factures impayées, relevant par exemple d’activités «jeunesses musicales» ou de frais de garderie. Il convient de préciser que cette école compte parmi son public un nombre non négligeable de familles socialement défavorisées (primoarrivants, candidats à la régularisation, etc.).

Le contenu du document utilise des méthodes assez interpellantes, à plus d’un titre.

À aucun moment, la lettre de la direction de l’école ne fait état de mécanismes de solidarité au sein de l’établissement pour tenter de remédier aux difficultés de paiement des parents, comme le préconise pourtant par circulaire le ministère de l’Enseignement obligatoire.

En outre, le ton de l’interpellation faite aux parents est manifestement culpabilisant. La teneur de la lettre traduit un réel dysfonctionnement dans le rapport entre l’école et les familles.

Enfin, le fait d’utiliser les enfants comme «porteurs» de ce genre de document auprès des parents pose de toute évidence un problème éthique et pédagogique.

À cela, il y a lieu d’ajouter que l’école organise pour les fêtes de fin d’année un déjeuner avec les enfants avec prise de photos tarifées ensuite aux familles 5 euros l’unité. Cela pose la question d’intérêts commerciaux au sein de l’activité socio- éducative de l’établissement.

Nous savons que ce genre de pratiques existe et nous avons déjà eu l’occasion de l’aborder à plusieurs reprises au sein de cette commission. Malheureusement, nous constatons qu’elles perdurent. S’il est difficile de pouvoir dénombrer tous les faits de ce genre, il faut constater que les familles sont souvent démunies et se sentent en position de faiblesse alors qu’elles sont dans de réelles difficultés financières. Ce n’est pas uniquement un problème de méthode, mais d’accumulation des coûts. Les réflexions relatives à la gratuité de notre enseignement restent nécessaires dans le cadre du Pacte.

Quels sont les dispositifs mis en place afin de pallier ce genre de pratiques? Comment expliquer ces conduites? Si des dispositifs existent, répondent-ils suffisamment à la problématique soulevée?

Lire la réponse de la Ministre :

Posted in Parlement de la Communauté Française.