Mise en perspective des résultats de l’enquête PISA eu égard au Pacte pour un enseignement d’excellence

Prise de parole lors du Débat thématique du 14 décembre 2016, en plénière.

Concerne : Mise en perspective des résultats de l’enquête PISA eu égard au Pacte pour un enseignement d’excellence.

La semaine dernière, les résultats de l’étude du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) ont été révélés. L’accent a été mis sur la maîtrise des matières scientifiques. En général, les résultats en Fédération Wallonie-Bruxelles sont en dessous de la moyenne de l’OCDE et malheureusement, ce constat se répète cette fois-ci. Il faut en tirer des conclusions et cette tâche est assumée par l’administration. Ses équipes y travaillent déjà.

Nous constatons que les filles présentent des résultats inférieurs à ceux des études précédentes. Il faut se demander quelles en sont les raisons.

Nous devons aussi nous intéresser aux moyens qui permettent d’améliorer les connaissances scientifiques de nos élèves. Nous savons qu’il faut agir dès le primaire puisque les difficultés commencent à ce niveau-là, comme le pointait déjà Christian Dupont lorsqu’il avait lancé, en 2009, une initiative de formation sur les matières scientifiques par les pairs pour les instituteurs. C’était un projet modeste au regard des énormes besoins mais il a, hélas, été abandonné pour des raisons budgétaires.

L’étude PISA de cette année, comme les précédentes, met en évidence que notre enseignement est un des plus inégalitaires de l’OCDE. La corrélation entre l’origine socio-économique des élèves et leurs résultats scolaires reste beaucoup trop forte. Si des moyens sont mobilisés pour favoriser un enseignement différencié, il faut néanmoins observer qu’ils ne représentent que 1 % du budget total de l’Éducation, ce qui est évidemment trop peu pour modifier la nature profondément inégalitaire d’un système.

Cela me permet de faire le lien avec le Pacte pour un enseignement d’excellence. Le groupe central a récemment publié son troisième avis, qui résulte de l’approfondissement qui lui avait été demandé sur certaines thématiques. Mon groupe souhaite saisir cette occasion pour saluer le travail colossal réalisé par l’ensemble des acteurs du monde scolaire depuis deux ans, d’abord sur la forme, car c’est un vrai travail de co-construction mené en profondeur et par un processus participatif d’envergure et, ensuite, sur le fond, puisqu’il s’agit d’une occasion unique de rendre notre enseignement à la fois plus juste et plus efficace. Pour la première fois, tous les acteurs de l’enseignement partagent le même diagnostic sur les maux du système, mais ils se sont aussi accordés sur les remèdes que tous doivent y apporter.

Le troisième projet d’avis comporte de nombreuses propositions que le groupe PS considère comme prioritaires depuis de nombreuses années, comme le renforcement de l’enseignement maternel, l’allongement et la réforme du tronc commun, la réduction du redoublement et du décrochage scolaire, la réforme et le renforcement de la formation initiale des enseignants, la réforme de l’enseignement qualifiant et le développement d’une orientation positive, la gratuité scolaire ou la nouvelle mise en place du système de pilotage scolaire. Il s’agit d’une réforme de notre système scolaire d’une ampleur inédite. La mise en œuvre du Pacte devra, nous le savons, s’étaler sur dix ou quinze ans au minimum. Il doit être porté non seulement par l’ensemble des acteurs de l’enseignement et le gouvernement mais aussi, idéalement, par tous les partis politiques, tant de la majorité que de l’opposition, voire par la société dans son ensemble.

Ce projet doit donc être partagé le plus largement possible car il va engager budgétairement la Fédération Wallonie-Bruxelles d’une manière importante. De plus, les acteurs du Pacte, pouvoirs organisateurs, syndicats, parents, etc., ont accepté de s’investir dans ce processus à la condition de préserver la cohérence et l’équilibre. C’est dans cet état d’esprit que mon groupe soutiendra pleinement le gouvernement dans la mise en œuvre du Pacte mais, Madame la Ministre, j’ai quelques questions à vous poser.

Nous savons que les différents acteurs doivent maintenant présenter ce troisième avis à leur base. – Quelle est la suite des évènements? – Quel délai s’est fixé le gouvernement pour adopter cet avis? – Comment voyez-vous l’année 2017? – Le gouvernement va-t-il adopter une sorte de calendrier de mise en œuvre du Pacte ainsi qu’une trajectoire budgétaire? – Quand l’équipe de mise en œuvre du Pacte va-t-elle être constituée? – Combien de personnes en feront-elles partie? Quelles mesures pourront-elles être amorcées dès 2017? – Comment le Parlement sera-t-il impliqué dans ce processus?

La réforme de la formation initiale est une condition indispensable à la mise en œuvre du Pacte. – Comment articulerez-vous le travail avec M. Marcourt?

Lire la réponse de la Ministre :

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