Pénurie de professeurs de langues germaniques sur le territoire de la FWB.

Question orale à Mme Marie-Martine Schyns, ministre de l’Éducation.

Concerne : Pénurie de professeurs de langues germaniques sur le territoire de la FWB.

Madame la Ministre, ma question fait suite à cet article paru dans Le Soir du 11 janvier 2017, mais aussi à des interpellations régulières de parents d’élèves ou de communes. Les écoles de la Fédération Wallonie- Bruxelles sont, depuis plusieurs années, touchées par un véritable fléau: le manque de professeurs de langues germaniques, et plus spécialement de maîtres spéciaux de néerlandais.

Ce manque pose un problème d’ordre organisationnel, mais il a également un impact sur la qualité générale de l’enseignement, étant donné que la mauvaise maîtrise de la seconde langue ne permet pas d’atteindre les compétences minimales définies dans les socles. Nous avons reçu des témoignages de parents, nous indiquant que leurs enfants n’ont pas eu de cours de néerlandais depuis la rentrée de septembre! Nous sommes en janvier, et nous pouvons nous demander comment ils vont atteindre les résultats escomptés à la fin de l’année.

Les inscriptions des étudiants dans les filières éducatives sont, de manière générale, peu nombreuses. Et même dans les écoles supérieures, où le nombre d’inscriptions en régendat en langues germaniques est en augmentation, ce n’est pas pour autant que tous les étudiants inscrits obtiennent in fine leur diplôme. Il arrive régulièrement que les régents diplômés se détournent de l’enseignement et préfèrent travailler dans le privé, le tourisme, la formation en entreprise. Ces constats sont plutôt alarmants pour l’enseignement.

Le Pacte pour un enseignement d’excellence veut permettre l’apprentissage des langues plus tôt. En effet, dans les écoles wallonnes, l’apprentissage de la seconde langue néerlandais, anglais ou allemand n’est obligatoire qu’à partir de la cinquième primaire, tandis qu’à Bruxelles, le néerlandais est obligatoirement enseigné dans les écoles primaires à raison de trois heures par semaine en troisième et quatrième années, et à raison de cinq heures par semaine en cinquième et sixième années. J’en profite d’ailleurs pour rappeler que les établissements bruxellois ne sont pas financés pour l’organisation de ces deux années supplémentaires obligatoires de néerlandais. Il revient donc au pouvoir organisateur de prendre ces enseignants à sa charge, ce qui est fondamentalement discriminatoire.

Cette volonté de renforcer l’apprentissage des langues est assurément une très bonne chose. Néanmoins, on peut se demander comment l’organisation de ces cours supplémentaires pourra se faire, vu le manque criant d’enseignants de langues aujourd’hui.

Madame la Ministre, – pouvez-vous m’indiquer quelle est votre réflexion face à cette problématique? – Disposez-vous de chiffres récents à ce sujet? – Des mesures urgentes seront-elles prises afin de répondre à la situation actuelle de pénurie? – Les élèves qui sont confrontés à une situation de pénurie risquent de compromettre leur réussite scolaire et de rencontrer, ainsi, une forme de discrimination.

Est-ce qu’une réflexion est en cours avec la Communauté flamande pour faciliter, par le biais d’un accord de coopération, les échanges d’enseignants entre les deux Communautés malgré les différences de statuts? Je sais que ces échanges ont été évoqués régulièrement et qu’ils ont, en partie, été abandonnés en raison d’une série de difficultés pratiques. J’aimerais savoir si cette piste est abandonnée ou si la réflexion se poursuit.

Une autre difficulté semble résider dans la grande imperméabilité des réseaux et donc dans l’absence de mobilité interréseaux. – Un assouplissement à ce niveau est-il possible?

Par ailleurs, – comment les travaux du Pacte envisagent-ils le renforcement de l’apprentissage des langues? – Outre le problème du manque de personnel déjà soulevé, – le Pacte aborde-t-il d’autres aspects comme l’ouverture à d’autres langues ou le financement de ces années de cours supplémentaires à Bruxelles?

Enfin, où en est la réflexion sur la dynamisation de la carrière et l’entrée dans le métier? – Disposez-vous des derniers chiffres relatifs au nombre d’enseignants débutants qui quittent le métier dans les cinq premières années? Des campagnes d’information sur le métier sont-elles à l’ordre du jour? Ce dernier point concerne plus le recrutement d’enseignants.

 

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