Le Soir : Chaussée d’Ixelles : « un plan de circulation présenté à l’été »

MOBILITÉ L’Arau regrette l’abandon de la tramification du bus 71

  • Fin de l’enquête publique pour la demande de permis d’urbanisme.
  • Les travaux devraient démarrer fin mai.
  • L’échevine Caroline Désir promet de s’attaquer au trafic de transit avec un plan de circulation prévu à l’été.

C’est l’Atelier de recherche et d’action urbaines (Arau) qui a tiré le premier, cette semaine, juste avant la Commission de concertation appelée, ce mercredi, à se pencher sur le permis d’urbanisme concernant le réaménagement de la chaussée d’Ixelles. En tapant dur sur les pouvoirs publics, Région bruxelloise en tête, qui est accusée de « céder à l’égoïsme local et propose une demi-solution qui ne convainc pas ».

Dans la ligne de mire de l’association, l’abandon du projet de tramification du bus 71. « Le projet n’apporte pas de solution globale aux usagers de la ligne 71 qui devraient continuer à voyager dans des conditions indignes, pointe l’Arau. C’est l’ensemble de la ligne qui doit être amélioré pour répondre aux problèmes rencontrés, qui ne se limitent pas au tronçon faisant l’objet du projet de réaménagement : bus bondés, irrégularité du service due à la congestion automobile ».

Rappelons qu’après des années de discorde et de rendez-vous manqués, Ixelles et la Région sont parvenues à s’accorder autour d’un plan visant à redessiner l’une des artères les plus fréquentées du cru. Le projet prévoit la refonte de la chaussée entre la Porte de Namur et la place Fernand Cocq, la circulation automobile sera notamment restreinte en journée. Cela signifie que le trafic de transit sera exclu du lundi au samedi entre 7 et 19h pour donner la priorité aux transports en commun.

Interpellée quant aux critiques acerbes de l’Arau, l’échevine locale de la Mobilité dit ne pas comprendre la réaction de l’association. « Je n’ai jamais vu autant de participation autour d’un projet, entame Caroline Désir (PS). Le ministre (Pascal Smet, Travaux publics, SP.A) est reparti d’une page blanche en organisant d’innombrables réunions pour prendre le pouls des riverains, pensant peut-être que l’on exagérait l’opposition à la tramification. Tant dans l’auditoire de la VUB qu’au théâtre Molière, tous deux remplis, il y a peut-être eu une personne de part et d’autre qui s’est exprimée en faveur du tram. Mais 99 % des gens étaient opposés à ce scénario. Il est très compliqué d’envisager de mener un projet face à une telle hostilité, nous avons cherché une mouture emportant l’adhésion et jusqu’à présent, l’accueil des habitants et des commerçants est plutôt positif ». Avec toutefois un préalable revenant comme une antienne : tout faire pour réduire le trafic de transit. « Il y a une vraie demande d’apaisement, les gens ne supportent plus le bruit et le trafic. Il y a effectivement beaucoup de petites rues, en sens unique, avec énormément de piétons et de cyclistes et c’est cela dont les gens veulent ».

Un observatoire de la mobilité

Une exigence d’ailleurs plus que répétée durant l’enquête publique qui vient de prendre fin. Et ce, alors que celle-ci a trait au permis proprement dit et non au plan de circulation, comme le souligne l’échevine. « Il y a eu beaucoup de remarques quant à la circulation alors que le permis ne va pas statuer là-dessus mais plutôt sur le réaménagement proprement dit de la chaussée d’Ixelles et de la place Fernand Cocq ». Remarques auxquelles Caroline Désir prêtera toutefois une oreille plus qu’attentive. « Nous allons prendre le temps d’analyser l’ensemble de ces remarques », poursuit la socialiste en rappelant que six scénarios, imaginés par Bruxelles Mobilité avec son logiciel de modélisation, sont aujourd’hui sur la table. Mais rien ne sera fait dans la précipitation. « Il n’y a pas d’urgence sachant que le scénario mobilité n’influence pas l’aménagement ». Un feu vert pourrait donc être donné au permis après la concertation de ce mercredi sans plomber pour autant les débats concernant la mobilité. « Sachant que le permis est régional et les mesures de circulation, du ressort communal. L’enjeu est bien évidemment de ne pas ramener tout le trafic dans les voiries locales. Nous voulons donc travailler minutieusement et nous organiserons une réunion, une fois que le collège aura tranché ». Un défi que Caroline Désir espère relever avant les vacances d’été ou en septembre au plus tard. « Une fois les travaux terminés, nous mettrons bien sûr en place un observatoire de la mobilité qui, le cas échéant, pourrait encore entraîner des adaptations ».

■ Patrice Leprince – Le Soir 30 mars 2017

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